ANTANANARIVO
24 AVRIL – 17 OCTOBRE 2026
La Fondation H présente Les mains des poètes, une exposition personnelle de l’artiste marocain M’barek Bouhchichi, sous le commissariat de Hobisoa Raininoro.
En 2025, M’barek Bouhchichi ouvre son projet par une résidence immersive de six semaines dans la capitale malgache. Il aborde ce temps de création en arpentant le centre-ville, en circulant dans les marchés et en observant la vitalité de la production artisanale. Il construit son processus de création au rythme des rencontres : artisan·es ferronnier·es, céramistes, tisserand·es, designers, instrumentistes... Il visite leurs ateliers, engage la rencontre avec les communautés locales, s’imprègne de la terre, des matières, de l’Histoire et des histoires qui les traversent. Ces rencontres constituent alors le socle du projet et nourrissent les collaborations qui donneront forme à l’ensemble des œuvres exposées. Celles-ci, toutes inédites, sont produites entre le Maroc et Antananarivo d’août 2025 à mars 2026.
Extrait du texte curatorial de Hobisoa Raininoro :
Les mains des poètes fait une ode à Madagascar, terre d’oralité et de poésie, où le verbe et le geste sont indissociables. Bouhchichi suggère un langage commun entre les cultures, libéré des cadres de domination et de représentation hérités de l’histoire coloniale. Il invoque le sorabe [littéralement grande écriture] désignant un système d’écriture arabico-malgache développé vers le XVè siècle par les Antemoro, population du Sud-Est de Madagascar. Né de l’urgence et de la nécessité d’écrire pour préserver la mémoire d’une histoire, pour transmettre des savoirs historiques, politiques et spirituels, le sorabe servait à transcrire textes religieux, chroniques, connaissances astrologiques et médicinales, témoignant d’un savoir-faire local. Au-delà de sa fonction scripturaire, le sorabe porte une affirmation identitaire et politique ; il symbolise la capacité des lettrés malgaches, les Katibo, à s’approprier et transformer une écriture inspirée de l’arabe pour exprimer leurs propres pensées et savoirs avant l’introduction de l’alphabet latin par les missionnaires britanniques au XIXè siècle sous le règne du roi Radama I, devenu depuis la forme d’écriture dominante. […]
« Nous sommes l’alphabet qui compose les mots, nous sommes des écritures » (M’barek Bouhchichi)
Biographie de M’barek Bouhchichi
M’barek Bouhchichi est né en 1975 à Akka, Maroc. Il vit et travaille à Tahanaout (Maroc). Il enseigne l'art depuis le milieu des années 1990, d'abord à Tiznit et aujourd'hui à Tahanaout. À travers l’installation, la peinture, le dessin, la sculpture ou encore la vidéo, Bouhchichi donne forme à des modes d'expression qui oscillent entre les discours individuels et ceux qui relèvent de contextes sociaux, poétiques et historiques plus larges. Il place ses œuvres à la croisée de l'esthétique et du social. Au-delà de la forme plastique, la musique, la poésie et l'art agissent comme des catalyseurs qui lui permettent de dépasser les déterminismes sociaux et raciaux.