PARIS
11 DÉCEMBRE – 24 JANVIER
La Fondation H, en partenariat avec la Cité internationale des arts de Paris, a le plaisir d’accueillir Chloé Soafaniry Ramanankasina, Lauréate du Prix Paritana 2025, pour une résidence de trois mois du 5 octobre au 22 décembre 2025, afin de développer son projet Renouer les tresses de son identité, présenté dans l’espace parisien de la Fondation H du 11 décembre 2025 au 24 janvier 2026.
Durant sa résidence Chloé Soafaniry Ramanankasina se focalise sur la pratique des tresses, notamment dans le contexte malgache, en explorant leur rôle dans la transmission culturelle et la construction identitaire. Renouer les tresses de son identité interroge à la fois l'héritage culturel et notre rapport personnel à celui-ci. Le titre du projet suggère un processus de réconciliation et de reconnexion avec une histoire parfois fragmentée.
Dans de nombreuses cultures, l’acte de tresser les cheveux, les siens et ceux des autres, constitue un acte social, un rituel qui unit les générations. Le moment du tressage est un espace d'échange où l'on parle, où l'on apprend, où l'on transmet des histoires et des savoir-faire, tandis que la forme même de la tresse peut être très largement codifiée culturellement. Ce projet propose d'explorer ces dimensions à travers trois installations, Hériter, Transmettre et Imaginer qui permettent de vivre une expérience introspective collective. Mêlant dessin, photographie et intelligence artificielle pour imaginer de nouvelles formes de coiffures, Chloé Soafaniry Ramanankasina cherche à dépasser les limites du réel et proposer de nouvelles formes visuelles autour de la coiffure.
BIOGRAPHIE DE CHLOÉ SOAFANIRY RAMANANKASINA
Chloé Soafaniry Ramanankasina, née en 2000 à Tamatave, vit et travaille à Lyon, France. Après son baccalauréat, elle s’installe en France pour se former en design et effectue actuellement un master en Prospective Design à l’Université des Mines et à l’Université de Saint-Étienne, France. Elle est notamment à l’initiative de deux projets communautaires pour les afrodescendants, Palabres et KBR, qui sont des espaces d’expression créatifs. Elle a participé à Transmission(s), une exposition collective sur le thème Design & Identités culturelles à Tati Barbès, Paris, avec une série de dessins et de collage numérique mettant en scène la pratique de la coiffure malgache.
Sa pratique artistique explore la transmission, l’identité et la représentation à travers le prisme de la culture malgache. Elle multiplie les médiums : le dessin, le collage, la photographie, la vidéo, pour aborder ces questionnements. Elle s’intéresse à la manière dont les récits, les images et les objets façonnent notre perception de nous-mêmes et influencent la mémoire collective. Son point d’entrée pour aborder ces questions est la pratique de la coiffure et tout ce qui la constitue : cheveux, tresses, objets, significations, savoir-faire. Son approche mêle recherche, expérimentation et design de services. Dans cette démarche, l’interaction avec les publics lui est essentielle : elle cherche à créer des expériences qui permettent une réaffirmation collective d’histoires et d’identités.
Texte de l’exposition écrit par Hannah Abdullahi
Chloé Soafaniry Ramanankasina, designer et artiste visuelle, est lauréate du Prix Paritana en 2025, un programme de la Fondation H. Sélectionnée pour son projet Renouer les tresses de son identité, elle bénéficie d’une résidence de trois mois à la Cité internationale des arts à Paris, où elle développe ses recherches et sa pratique artistique. À l’issue de cette résidence, ses travaux sont restitués dans l’espace parisien de la Fondation H du 11 décembre 2025 au 24 janvier 2026, puis à l’Institut Français de Madagascar au deuxième trimestre 2026 à Antananarivo.
Diplômée d’un master en design prospectif à l’École des Mines de Saint-Étienne, d’un DSAA en design produit à La Martinière Diderot et d’un DNA mention objet à l’ESAD d’Orléans, Chloé Soafaniry Ramanankasina revisite le temps du tressage comme un outil de transmission. Elle explore cette thématique en mêlant arts visuels, dessin, collages, photographie, images d’archives et vidéo, tout en portant une sensibilité particulière à la matière, notamment au textile. Son travail interroge la mémoire, l’identité et l’héritage culturel, à travers ce geste profondément intime qui devient un espace de dialogue et de partage.
L’artiste utilise le moment du tressage comme point de départ pour réfléchir aux liens entre geste, oralité et transmission. En redécouvrant l’histoire du cheveu malgache au-delà de sa fonction esthétique, elle prend conscience de son rôle social et de sa capacité à valoriser l’identité et la culture malgache. Elle approche le geste de la tresse comme un espace de guérison qui lui permet d’accepter des parts d’elle-même jusque-là refoulées. Ce geste devient sa pratique, un rituel qu’elle affine et qu’elle prolonge pour l’étendre au collectif. Ce processus lui permet de s’affirmer, de s’aimer et de valoriser son identité, tout en transformant l’intime en un espace partagé où les histoires personnelles et les mémoires individuelles nourrissent un héritage commun. Le temps de la tresse devient alors un espace où l’intime rencontre le collectif, porté par le soin et l’attention du geste, créant un véritable répertoire vivant de récits et de savoirs transmis de génération en génération.
L’installation Renouer les tresses de son identité, présentée à l’espace parisien de la Fondation H, se déploie en trois éléments. Le premier élement est constitué de pans de coton noir brodés de mots qui introduisent les différentes dimensions du temps de la tresse : intimité, geste, transmission et mémoire. Le deuxième élément est une installation sonore composée de trois modules textiles ovales, réalisés selon des techniques inspirées de la vannerie et ornés de tresses, diffusant des entretiens avec des femmes de différentes régions de Madagascar qui racontent leurs souvenirs de la place de la tresse dans leur enfance. Le troisième élément est une œuvre circulaire posée au sol sur des tsihy, constituée de tresses de textiles noires évoquant la diversité des textures de cheveux. Cette tresse volontairement inachevée invite le public à prolonger le geste, à participer à la transmission et à contribuer à un héritage vivant. À travers cette installation, l’artiste propose une nouvelle manière d’interpréter et de transmettre l’héritage malgache. Un héritage qui se construit à partir des histoires personnelles, de l’oralité et du geste, et qui se développe à travers la participation de chacun.e. Le temps du tressage se transforme en un espace collectif où l’intime devient patrimoine et une invitation à valoriser la richesse culturelle malgache à travers le partage des souvenirs, des expériences et du soin.
