PARIS
25 MARS – 27 MAI
Invitée par la Fondation H pour une résidence de recherche et de création à la Cité internationale des arts à Paris, Priscilla Kennedy développe le projet Soft Machines, Phantom Limbs, présenté dans l’espace parisien de la Fondation H du 25 mars au 27 mai 2026.
RÉSUMÉ DU PROJET
Soft Machines, Phantom Limbs est un projet de recherche à dimension immersive et matérielle qui explore le corps comme une interface vivante — à la fois membre et capteur — et comme un lieu où peuvent s’ancrer des extensions à la fois émancipatrices et invasives. Le projet s’appuie sur la dualité entre la technologie envisagée comme prothèse d’émancipation et la maladie comme croissance invasive, en examinant la manière dont toutes deux transforment notre expérience sensorielle, émotionnelle et cognitive.
Au cœur de cette exploration se trouve la figure de la pieuvre, muse et métaphore récurrente, à la fois prothèse et intruse. Elle apparaît comme une extension symbolique du corps, ouvrant l’imaginaire d’un corps en perpétuelle métamorphose. Elle incarne le flou entre soi et l’autre, entre enveloppement et invasion, désir et refus. Elle devient un espace à la fois d’espoir et d’effroi. Tantôt douce et nourricière, tantôt invasive et non invitée, elle évoque l’aliénation qui surgit lorsque le corps ne semble plus être un lieu habitable.
Ce projet utilise la carte de Paris à la fois comme source et comme structure. La carte est fragmentée, superposée et réassemblée à travers un processus de combinaison, d’entrelacement, de tissage et de manipulation des gammes chromatiques. En travaillant à partir de motifs issus de la configuration spatiale de la ville, je traduis rues, parcours et frontières en motifs cousus et tricotés, oscillant entre logique textile et construction numérique.
À travers Photoshop, la carte en tant que motif traverse de multiples étapes de transformation : superposée, répétée, déformée et reconfigurée. Les fils entrelacés font écho à l’organisation même de Paris — ses croisements, ses hiérarchies et ses systèmes invisibles qui façonnent la manière dont l’espace est habité et parcouru.
Sur le plan esthétique comme dans le processus, cette méthode reflète les rythmes internes de ma pratique. L’acte de filer et de superposer fait écho aux manières dont la mémoire, le lieu et le corps se structurent de l’intérieur. Le travail déplace la carte d’une représentation fixe vers une surface tactile et incarnée, qui évoque le mouvement, l’accumulation et l’expérience vécue.
BIOGRAOHIE DE PRISCILLA KENNEDY
Née en 1994, Priscilla Kennedy vit et travaille à Kumasi (Ghana). En adoptant une approche multidisciplinaire, Kennedy tisse avec finesse des liens entre le corps, la race, la sexualité et les histoires fictionnelles d’objets dotés de formes de vie hybrides. Sa pratique artistique mobilise divers médiums, tels que la peinture, la tapisserie et la lumière. Il en résulte une déconstruction tentaculaire du corps féminin — y compris du sien — envisagé comme un espace multiple de dialogue et d’exploration. Kennedy a été lauréate du Prix d’art Yaa Asantewaa en 2022. Sa résidence de recherche débute en janvier 2026 à la Cité internationale des arts. Son projet sera restitué sous la forme d’une exposition à l’espace parisien de la Fondation H du 11 mars au 23 mai 2026.